Quel statut pour investir dans l’immobilier seul : SASU, EURL… comment choisir ?
En résumé
- La SASU et l'EURL sont les deux statuts à envisager pour investir seul dans l'immobilier.
- La SARL, la SAS et la SCI imposent a minima deux associés.
- Impôt sur le revenu ou sur les sociétés, un choix stratégique est à réaliser pour optimiser la fiscalité.
- La protection du patrimoine personnel et la protection sociale du dirigeant sont à étudier pour investir sereinement.
Choisir le bon statut juridique pour investir seul dans l'immobilier est un enjeu majeur.
Régime fiscal, protection sociale, protection du patrimoine personnel, le meilleur statut juridique reste celui qui correspond à votre profil et vos objectifs. À travers ce guide, revenons sur les options possibles pour un investissement immobilier en solo et sur les étapes pour créer votre société immobilière.
Comprendre la question “statut pour investir seul” : ce que l’investisseur doit clarifier
Objectifs d’investissement immobilier : cadre de décision (investissement locatif, patrimoine personnel)
Investir dans l'immobilier peut répondre à plusieurs objectifs :
- réaliser un ou plusieurs investissements locatifs pour générer des revenus complémentaires, voire accéder à l'indépendance financière ;
- réaliser des opérations d'achat-revente en achetant des biens à rénover pour réaliser une plus-value ;
- constituer son patrimoine personnel pour mieux anticiper son avenir financier et notamment préparer sa retraite ;
- transmettre un patrimoine immobilier à ses enfants.
L'objectif même de l'investissement peut influer sur le choix du statut juridique. Investisseur immobilier débutant ou aguerri, votre profil pourrait aussi impacter votre décision.
Contraintes de gestion et de fonctionnement d’une société immobilière
La société immobilière offre des avantages, notamment sur le plan fiscal avec la possibilité de choisir, dans une certaine mesure, son régime fiscal, et d'optimiser sa fiscalité pour réduire le poids des revenus locatifs sur son imposition. Elle offre également l'opportunité de déduire les charges liées à la gestion de vos investissements immobiliers.
Si elle se révèle plus intéressante sur bien des points que l'investissement en nom propre, cela engendre une gestion plus lourde, de la création de la société aux obligations comptables (réalisation d'un bilan annuel notamment).
Ce que changent la protection du patrimoine personnel et la responsabilité limitée
Hormis en SCI (société civile immobilière), la responsabilité des associés est limitée à leur apport. De cette manière, ils protègent leur patrimoine personnel qui ne sera pas engagé si la société doit faire face à des dettes (par exemple si elle rencontre des problèmes de loyers impayés et qu'elle ne peut plus honorer ses mensualités de crédit immobilier).

Les grandes options de statuts pour investir seul dans l’immobilier
SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) immobilière : dans quels cas l’envisager ?
La SASU permet de créer un cadre officiel à votre activité immobilière tout en bénéficiant d'une grande souplesse de fonctionnement, la rédaction des statuts n'étant pas aussi encadrée que pour une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). Sur le plan fiscal, contrairement à la SASU classique, la SASU immobilière est obligatoirement soumise à l'impôt sur les sociétés.
La SASU immobilière est à envisager si vous cherchez une forme de société d'investissement immobilier capable d'assurer la meilleure protection sociale. En effet, le président de la SASU bénéficie du statut d'assimilé salarié s'il est rémunéré pour ses fonctions. À ce titre, il est affilié au régime général de la Sécurité sociale et ainsi d'une couverture optimale. En contrepartie, les charges sociales sont plus élevées.
Par ailleurs, sa nature commerciale vous offre l'opportunité d'effectuer des opérations d'achat-revente.
EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) : dans quels cas l’envisager ?
L'entreprise unipersonnelle à responsabilité, au même titre que la SASU immobilière, permet à la fois d'investir pour percevoir des revenus locatifs et de réaliser des opérations d'achat-revente pour réaliser des plus-values. Elle reste toutefois plus avantageuse sur le plan fiscal, elle permet de choisir, sous certaines conditions, entre le régime de l'impôt sur les sociétés et celui de l'impôt sur le revenu. Chaque entrepreneur a ainsi l'opportunité de choisir le cadre fiscal le plus favorable.
Le cas spécifique de la SCI
La société civile immobilière ne peut être créée seul. Mais, lorsque votre associé souhaite revendre ses parts, vous avez le droit de les racheter et d'être ainsi seul à la tête de votre SCI. Toutefois, l'administration fiscale vous accorde un an seulement pour régulariser la situation sous peine de dissolution.
Les évolutions possibles pour un investissement immobilier
Si vous envisagez d'investir seul, rien ne vous empêche de faire évoluer votre projet et d'y inclure des associés. Dans ce cas, vous ferez évoluer votre société pour passer d'une EURL à une SARL (société à responsabilité limitée) ou d'une SASU à une SAS (société par actions simplifiées).
Cela changera uniquement le mode de gestion puisque la voix des différents associés sera entendue pour la prise de décision, vous perdrez donc en liberté. En revanche, le fonctionnement global de votre structure sera identique.
Fiscalité : les points à comparer avant de choisir
Régime fiscal : ce qu’il faut évaluer (impôt sur le revenu vs impôt sur les sociétés)
La fiscalité est un enjeu majeur au moment de choisir un statut juridique pour préserver votre rendement locatif. Dans le cadre d'un investissement locatif, les loyers perçus, à savoir les revenus locatifs ou les revenus fonciers selon le type de location (location meublée ou location nue), sont imposables.
- Le régime d'imposition sur le revenu consiste à intégrer le bénéfice de l'entreprise dans les revenus de l'entrepreneur. Ses revenus ne sont pas déductibles du bénéfice imposable et il est imposé intégralement sur celui-ci, même s'il n'en a pas perçu l'intégralité.
- Le régime d'imposition sur les sociétés consiste cette fois à payer un impôt sur le bénéfice à hauteur de 25 % (15 % lorsque vous bénéficiez du taux réduit). Ensuite, le revenu réellement perçu par l'entrepreneur est imposé selon le barème de l'impôt et sa tranche marginale d'imposition (TMI). Ici, le revenu perçu par l'investisseur est déduit du bénéfice et les axes d'optimisation fiscale sont plus vastes.
Les spécificités de l’investissement locatif en meublé
Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) s'adresse aux personnes réalisant leur activité de location de manière complémentaire. Le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) concerne cette fois les personnes souhaitant faire de leur investissement locatif une activité principale. Vous avez le choix entre le statut micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et le régime réel.
Dans le premier cas, un abattement forfaitaire permet de réduire le montant de l'imposition. Dans le second, les charges liées à l'investissement sont déductibles (taxe foncière, gestion locative, travaux, etc.), ce qui permet le cas échéant de créer un déficit foncier, un levier fiscal intéressant pour ne pas payer d'impôt sur les revenus locatifs. Notez que ce déficit est reportable.
Coûts, capital et formalités à anticiper
Capital social : ce qu’il faut prévoir selon la structure
En EURL et en SASU, dans le cadre de votre investissement immobilier seul, il n'y a pas de minimum, vous pouvez déterminer qu'il sera d’un euro seulement. Toutefois, il représente la solidité financière de votre entreprise, un capital plus élevé est parfois judicieux, notamment pour rassurer les banques lorsque vous avez besoin d'un financement.
Pour une EURL ou une SASU immobilière, l'investissement est la clé pour constituer et développer votre patrimoine. Vous pouvez investir dans l’immobilier avec un petit budget de départ et faire appel au crédit immobilier pour aller plus loin.
Étapes clés de création d’une société immobilière
Pour constituer une EURL ou une SASU immobilière, vous devrez respecter ces différentes étapes de création :
- rédaction des statuts ;
- ouverture d'un compte bancaire et dépôt du capital social ;
- publication d'une annonce au Journal d'annonces légales ;
- inscription sur le guichet unique de formalités des entreprises pour être immatriculé et obtenir votre SIRET.
Coûts associés à la création d’une société immobilière
Créer une société engendre des coûts spécifiques :
- parution dans un Journal d'annonces légales : 124 € pour une EURL, 142 € pour une SASU en 2026 ;
- immatriculation d'une société commerciale : 35,59 €.
Par ailleurs, si vous faites appel à un professionnel pour la rédaction de vos statuts, cette démarche peut coûter plusieurs centaines d'euros.
Comparatif des différents statuts juridiques
SCI ou nom propre : que choisir ?
Si vous envisagez d'investir seul, la société civile immobilière est une solution exclue puisqu'il n'est pas possible d'en créer une seul. Elle interviendra si votre projet évolue. Par ailleurs, la SCI engendre des démarches de création qui ne concernent pas l’investissement en nom propre.
Autre point important : la SCI a une vocation civile et non commerciale et ne permet pas de faire de la location meublée. L'investissement en nom propre ouvre ainsi plus de possibilités et offre l'opportunité de bénéficier des avantages fiscaux du statut LMNP. En revanche, en matière de transmission, il reste préférable d'opter pour la SCI.
SASU plutôt qu’une SCI : pourquoi un tel choix ?
Là encore, il existe une différence de poids : la SASU vise à investir seul, ce qui n'est pas le cas de la SCI. D'autre part, la SASU immobilière permet d'exercer une activité commerciale, et donc de faire de la location meublée et de l'achat-revente. La SCI est plus limitative. En matière de responsabilité, la SASU gagne encore des points avec une responsabilité limitée aux apports quand la SCI ne limite pas la responsabilité de ses associés.
En revanche, sur le plan fiscal, la SCI peut être imposée sur le revenu ou sur les sociétés selon certains critères spécifiques. La SASU immobilière est par défaut soumise à l'IS, ce qui ne permet pas de choisir le cadre fiscal plus favorable.
SASU ou EURL : points communs et différences
Ces deux structures offrent l'avantage de limiter la responsabilité des associés uniques. Elles présentent toutefois quelques différences.
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EURL |
SASU immobilière |
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Dirigeant |
Gérant |
Président |
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Régime social |
Travailleur non salarié (TNS) |
Assimilé salarié |
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Fiscalité |
IR avec option possible pour l’IS |
IS uniquement |
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Possibilité de faire de l’achat-revente |
Oui |
Oui |
|
Rédaction des statuts |
Encadrée |
Flexible |
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Capital social |
Réparti en parts |
Réparti en actions |
Le choix se fera essentiellement en fonction de l'option fiscale la plus avantageuse et du niveau de protection sociale souhaité par l'associé unique.
Sécuriser son choix de statut et son projet d’investissement
Le choix du statut sera déterminé par différents facteurs pour investir seul dans l'immobilier :
- l'objectif fixé ;
- la fiscalité et son impact sur l'imposition du foyer fiscal ;
- le niveau de risque selon les limites de la responsabilité de l'investisseur ;
- les évolutions possibles si vous souhaitez vous associer et passer en SARL ou en SAS
Par ailleurs, pour un investissement immobilier réussi, songez à anticiper vos besoins de financement, ce qui pourrait notamment impacter le montant de votre capital social. Sachez vous faire accompagner si besoin par un expert-comptable ou faire appel à votre conseiller bancaire pour faire les meilleurs choix avant de valider la création de votre entreprise d'immobilier.
Vous l'aurez compris, le cadre fiscal et la protection sociale du dirigeant restent les éléments clés au moment du choix entre EURL et SASU pour investir seul dans l'immobilier. Toutefois, il sera possible de faire évoluer votre activité et de changer de statut, même si cela nécessite des démarches spécifiques. Si vous souhaitez vous associer, d'autres statuts sont disponibles à l'image de la SCI, de la SARL ou de la SAS. Là encore il vous faudra être vigilant pour faire les meilleurs choix selon votre profil et vos objectifs.
FAQ sur l’investissement immobilier seul
Quel est le meilleur statut pour investir dans l’immobilier ?
Le meilleur statut pour investir seul dans l'immobilier est celui qui s'adapte le mieux à vos objectifs d'investissement et à votre besoin d'optimiser votre fiscalité, sans oublier le niveau de protection sociale dont vous avez besoin.
Est-ce qu’une SASU peut acheter un bien immobilier ?
Oui, il s'agit alors d'une SASU immobilière. Le fonctionnement est assez similaire à celui d'une SASU classique. La différence majeure réside dans l'impossibilité d'opter pour l'impôt sur le revenu.
Quel est l’inconvénient d’une SCI ?
La SCI ne permet pas d'investir seul, il faut au moins deux associés. Par ailleurs, leur responsabilité est illimitée, cette solution est ainsi moins protectrice qu'une EURL ou une SASU.
Comment ne pas payer d’impôts sur les revenus locatifs ?
Pour ne pas payer d'impôt sur les revenus locatifs, il faut que les charges soient supérieures aux ressources, ce qui va créer un déficit foncier.